À la recherche du fort perdu!
En 1692, dans un village de la Nouvelle-France, une jeune fille de 14 ans défend courageusement le petit fort de sa famille contre une attaque. Cette ado-héroïne, appelée Madeleine de Verchères, est entrée dans l’histoire de la province. Aujourd’hui, 334 ans plus tard, une question reste sans réponse: mais où est le fort de Madeleine… ou ce qu’il en reste?
Verchères est aujourd’hui une municipalité de 5800 habitants située sur la rive-sud de Montréal.
Une ado protège son village
Au 17e siècle, les colons de la Nouvelle-France et certaines nations autochtones (désignées à l’époque par le terme «Iroquois»), s’affrontaient souvent. La raison principale: le contrôle du territoire et des ressources, comme la fourrure.
Des forts et des fortins (ce sont de petits forts!), sont alors construits dans la colonie pour protéger les villages et les routes des attaques.
Le 22 octobre 1692, les parents de Madeleine n’étaient pas chez eux. Mais Madeleine, âgée de 14 ans, s’aperçoit qu’un groupe d’«Iroquois» s’en prend à son village. Elle court donc vers son fortin, qui n’est défendu que par deux soldats, ferme les portes et se coiffe d’un chapeau de soldat. En courant d’un bout à l’autre de la petite forteresse, elle réussit à convaincre les attaquants que plusieurs soldats la défendent. Elle tire aussi un coup de canon, ce qui permet à ceux qui l’entendent de venir à la rescousse. Ceux qui menaçaient d’attaquer le fort sont alors repartis.
C’est ainsi que Madeleine a elle-même raconté ces événements dans deux récits. Il est possible qu’elle ait embelli cette histoire, puisqu’il n’y a pas eu d’autres témoignages. Mais c’est comme ça qu’elle est entrée dans la légende.
Où es-tu, fortin?
Le monument Madeleine de Verchères
Depuis plusieurs années, le chercheur Jacques Boisseau et des archéologues tentent de trouver le fameux fortin de Madeleine de Verchères. En 2023, des fouilles ont eu lieu pour essayer de le situer. Mais… toujours rien.
Des archéologues ont toutefois découvert un trou laissé par un gros pieu en bois. Il s’agit du même type de poteau utilisé pour construire le fortin de Madeleine. Est-ce un indice? Peut-être… ou peut-être pas! «On n’est pas prêt à dire que c’est lié au fortin de Madeleine de Verchères, car ça pourrait être une clôture», a indiqué l’archéologue Gina Vincelli au journal Le Devoir.
Pour son équipe, trouver un pieu serait hyper utile! Pourquoi? Parce qu’à l’époque, les poteaux étaient faits de troncs d’arbre. Et à partir d’un tronc, les archéologues peuvent déterminer à quelle date il a été coupé. Et le plus d’info, le mieux!
«Il n’y a pas beaucoup de données historiques sur l’histoire de Madeleine. L'archéologie permet d’aller chercher les faits manquants, comme la manière dont le fort a été construit et sa taille. Mais ce qui nous intéresse le plus, c’est des reliques de la vie quotidienne au village de Verchères! Comme des ustensiles oubliés, ou un pot cassé. Ça nous explique comment les occupants vivaient», a dit Gina Vincelli aux As de l’info.
L’équipe a toutefois plusieurs théories sur son emplacement. L’une d’entre elles: il se pourrait bien que les ruines du fortin se trouvent sous terre, en dessous du stationnement du monument… Madeleine de Verchères! La bonne nouvelle, selon l’archéologue, c’est que s’il s’y trouve, il y a de bonnes chances que la couche d’asphalte l’ait protégé. Un peu comme s’il portait une armure! On le souhaite!
Pour le moment, il n’y a pas d’autres fouilles archéologiques prévues à Verchères. Le secret de Madeleine est donc encore bien enfoui... quelque part!
Une photo prise lors des fouilles archéologiques à Verchères, en août 2023.
Et toi, si tu étais archéologue, qu’aimerais-tu trouver en creusant dans le sol?
D'après un article de Dave Noël, 
