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Mois national de l'histoire autochtone 🧡

Juin est le Mois national de l'histoire autochtone. Articles, vidéos, entrevues: voici nos contenus qui mettent en lumière les Premières Nations, les Inuits et les Métis!

Société
PHOTOMONTAGE LES AS DE L'INFO/PHOTO FOURNIE

Le chef de la communauté atikamekw de Manawan, Sipi Flamand, avec le bâton sacré, devant l’Assemblée nationale le 5 février.

Un bâton autochtone sacré refusé à l’Assemblée nationale

Publié le 17 février 2026 à 06h00
Société
Avatar de l'utilisateur Camille Lopez
Camille Lopez

Au début du mois de février, le chef autochtone Sipi Flamand s’est rendu à l’Assemblée nationale pour dénoncer un projet de loi. Mais des agents de sécurité ont refusé de le laisser entrer avec un bâton sacré, un symbole important pour sa communauté, les Atikamekws de Manawan. Ça a causé beaucoup d’indignation chez les Autochtones. Mais qu’est-ce qu’un bâton sacré? Et qu’est-ce qui va se passer? Sipi Flamand m’a tout expliqué!

Un projet dénoncé

Le 5 février, Sipi Flamand accompagnait d’autres chefs autochtones à l’Assemblée nationale, à Québec, pour dénoncer le projet de constitution. C’est un projet de loi qui aurait la priorité sur toutes les autres, une sorte de «loi suprême». Mais selon les Autochtones, ce projet a un gros défaut: les Autochtones n’ont pas été consultés et le document ne les mentionne presque pas.

PHOTO FOURNIE

Le bâton sacré s'appelle «Eagle Staff», ce qui veut dire «bâton d'aigle», en anglais.

Chef Flamand, pourquoi êtes-vous allé à l’Assemblée nationale le 5 février?

Parce que le gouvernement aurait dû impliquer les autorités autochtones dans le projet de constitution. Pour qu’on puisse faire des recommandations et voir comment on peut travailler ensemble. Par exemple, en Nouvelle-Zélande, les Autochtones siègent au gouvernement. Je serais allé défendre l’importance de cette discussion.

 

Mais lorsque je suis arrivé, les agents de sécurité m’ont dit que je ne pouvais pas emmener le bâton sacré dans la salle où se déroulent les discussions, à cause de leurs règlements de sécurité. 

 

Comment vous êtes-vous senti?

Je me suis senti humilié. Ça montre l'ignorance de nos traditions, alors que j'allais défendre nos droits, nos opinions.

 

Quelle est la signification du bâton sacré? 

C’est un symbole culturel, spirituel et diplomatique. Il permet de faire entendre la voix de mes concitoyens, mais aussi celles de nos ancêtres et des prochaines générations. C’est comme si je les emmenais avec moi. 

 

De quoi est-il fait?

Il est fait d’un bois sacré et de fourrure de castor, qui est un animal très important pour les Atikamekws. Au bout, il y a un panache de chevreuil. Sur le bâton, on compte 13 plumes d’aigle, qui représentent les 13 lunes dans l’année. Et puis sur le panache, il y en a trois autres, qui représentent les aînés, les jeunes et nous.

 

On vous a dit que vous pouviez entrer, mais sans le bâton. Pourquoi ne pas l’avoir laissé à l’extérieur?

Ça aurait été irrespectueux.

 

Plusieurs chefs sont restés avec vous en solidarité. Qu’est-ce que ça vous a fait?

J'ai ressenti une force de leur part, de m’avoir soutenu. Ils sont restés avec moi, et je sais que leurs ancêtres et leurs communautés étaient là également. Et les autres chefs ont pu entrer pour faire valoir nos points.

 

Qu’est-ce qu’on doit retenir de cette situation?

J’espère que le gouvernement du Québec va changer le règlement. Ce que j’ai vécu, ça montre qu’on ne connaît pas nos traditions, alors que nos peuples ont accueilli toute cette société-là sur nos territoires.

Du changement bientôt?

La situation a été vivement dénoncée par les communautés autochtones. Cette semaine, l'Assemblée nationale et l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL) se rencontrent pour essayer de trouver une solution.

Et toi, qu’aurais-tu fait si tu avais vécu la même chose que le Chef Sipi Flamand?

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